1. TU VOIS CE QUE QUE JE VEUX DIRE ?, Dictionnaire des expressions bilingue français-LSF
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2. LA FILLE DE JEAN, La suite de l'histoire de Jean LE SOURD
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3. MELI-MELO, Pour mêler les couleurs et les habits tout en signes.
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4. ABC... LSF, Dictionnaire Visuel Bilingue
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Formations Animatrices de Bébés Signeurs
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Vous pratiquez des signes de la LSF et avez l'expérience des bienfaits de la communication gestuelle avec des enfants qui ne parlent pas encore? Vous souhaitez faire découvrir cette approche et animer des ateliers pour bébés signeurs dans le cadre de votre activité professionnelle ou associative?
Pour en savoir plus: bbfaismoisigne@gmail.com
Collection Surditudes
Dernière mise à jour de cet article: le 04/03/2012.

Collection Surditudes, dirigée par Fabrice BERTIN


« le culturel prime sur le politique »  A. Césaire


Aimé Césaire, poète Noir et intellectuel du XXe siècle, s’est battu pour expliquer qu’être Noir n’est pas simplement une couleur de peau, cela implique une façon d’être au monde, de voir le monde et de vivre le monde différemment, selon une culture propre, un mode de vie spécifique mais qui n’est pas « à part », complètement différent de celui des Blancs. Pour désigner cet état 
« d’entre-deux », Aimé Césaire a inventé un concept, celui de Négritude.


Les Sourds vivent un peu la même situation, à la différence toutefois que la surdité ne se voit pas ! L’audisme dont on parle de plus en plus (ou audiocentrisme, c’est-à-dire tout centrer sur l’audition, la réparation..) est parfois inconscient et dû à une incompréhension : les Entendants pensent que l’audition est indispensable et que les Sourds sont malheureux sans cela… Ils ne savent pas qu’elle n’est pas ressentie comme un manque du tout : on peut aussi entendre par les yeux ! 


Être Sourd, c’est développer une pensée visuelle, 

s’exprimer dans une langue visuelle, 

et décrire le monde de cette façon.



Voilà pourquoi on peut parler aussi de surditude : la surdité n’est pas qu’une culture, c’est aussi une histoire et des relations avec les Entendants. La surditude, comme la négritude, essaie de nommer une réalité : les Sourds vivent parmi les Entendants, sur le même territoire et partagent avec eux des habitudes de vies, des codes : il y a beaucoup de points communs mais aussi des différences qu’on ne peut pas gommer, effacer.  


Comme l’arc-en-ciel, la surditude, est plurielle car il y a plusieurs façons d’être Sourd selon les lieux et selon les époques ;
cela pose d’ailleurs des questions spécifiques pour tous et c’est pourquoi nous pensons plus juste de mettre un (s) à surditudes.


La collection Surditudes vous proposent régulièrement, un voyage dans le temps et dans l’espace, à travers des romans, des récits, ou encore des recherches, des réflexions de fond. 






Y a t-il plusieurs manière de pratiquer la LSF ?
Dernière mise à jour de cet article: le 18/03/2008.

Comme toute langue, LSF demande un vrai apprentissage.
On acquiert généralement de deux manières, cette langue singulière non-verbale et gestuelle.

La première « sur le tas » : - être né de parents sourds : on est alors bi-culturé de nature ; - ou avoir cotoyé très longtemps des personnes sourdes, - ou vivre avec un(e) conjoint(e) sourd(e) : on devient alors plus ou moins bilingue.

La seconde manière est une acquisition volontaire : prendre des cours ou suivre des stages intensifs dispensés par les associations de sourds. Il est certain qu’un suivi assidu de cours assurés par un formateur sourd ayant une pédagogie de qualité, qui instruirait un apprenti signeur doué et très motivé correspond aux conditions idéales surtout si l’apprenti LSF a une vie sociale ou professionnelle en contact avec des sourds.

Et il y a une troisème façon, certes moins solide : la manière transversale, c’est à dire d’attaquer directement par imitation, en «photographiant» les expressions, comme du « par-cœur », et d’entrer ainsi en communication avec les Sourds : c’est là qu’intervient ce livre le Prêt à Signer
Ce n’est pas une méthode habituelle et qui ne remplace évidemment pas les cours, mais qui permet de plonger dans le vif des signes. On choisit ses questions et ses réponses, on imite la gestuelle. A force de sélectionner les expressions (questions ou réponses), on finit par comprendre l’organisation des signes, les codes propres à cette langue visuelle. D’autre part, les informations culturelles, les répères grammaticaux présentés brievement permettent d’en saisir le fonctionnement et la culture.

Le principe du livre Prêt à Signer est d’employer 3 signes successivement pour exprimer un message. Un choix de 480 phrases classées par thème est au menu. Les réponses sont interchangeables selon les questions : un index des phrases est présenté à la fin du livre. De plus, un index des signes avec des explications techniques permet de faciliter l’appréhension du mouvement.

Au commencement était ... le Signe !
Activez vos mains et vos yeux, et le reste suivra ...
Monica COMPANYS



Oralisme ? Bilinguisme ? ou LSF exclusive ?
Dernière mise à jour de cet article: le 18/03/2008.

Oralisme, Bilinguisme ou LSF exclusive ?


Une interrogation :
Comment permettre l’accès des jeunes enfants sourd profonds à la lecture ?
Avant tout développement, cet article ne veut pas servir de modèle pédagaogique, mais il reflète mon expérience dans plusieurs écoles. Il formalise plus d’interrogations qu’il ne propose de solutions. Le public envisagé : ces enfants qui ont des restes auditifs quasiment inutilisables et dont le seul espoir est de construire un bagage linguistique solidement approprié, en l’occurence la LSF.
En préambule, précisons qu’un enfant sourd, même avec une déficience auditive sévère ne peut pas entendre suffisamment clairement le message linguistique, et donc ne peut comprendre le sens des mots sauf à l’apprendre par cœur. il ne s’agit plus d’appropriation d’une langue qui devient son propre moyen de communication, mais d’apprentissage d’une seconde langue, même si elle est très majoritairement utilisée dans l’environnement immédiat.
Des interprètes scolaires ? Le problème se pose alors de faire le lien entre le signe et le mot écrit ou articulé en passant par le vecteur commun : le signifié.
Les enfants si jeunes ne sont pas encore bilingues et on ne peut difficilement, ni même envisager, qu’un interprète les suive en permanence. Cela pose le problème de la formation à la Langue des Signes des enseignants qui interviennent.

Une démarche pédagogique. On peut difficilement considérer l’interprétation systématique comme un modèle de démarche pédagogique active.
Tout jeune sourd appréciera l’interprète qui lui donnera une traduction satisfaisante, mais alors : où est la pédagogie active? Le bilinguisme doit-il se contenter d’être une formule d’enseignement assisté ?
Apprendre par cœur le rapport entre un signe et un mot français (ou dans tout autre langue) s’apparente à l’apprentissage du dictionnaire : c’est laborieux et fastidieux.

L’oralisme pur. Il exige beaucoup de courage. L’enfant sourd n’apprend pas la LSF, et tout est fait pour qu’il ne soit pas en contact avec elle. Après l’interdiction de la langue des signes par le Congrès de Milan en 1880, les classes des anciens, éduqués en langue des signes étaient radicalement séparées de ceux qui apprenaient exclusivement avec la lecture labiale. Ce bain linguistique pouvait entraîner la noyade ! L’oralisme obtient des résultats divers, souvent liés à la qualités des restes auditifs : tant pis pour les sourds profonds, tant mieux pour les malentendants ! Bien sûr, il y a quelques résultats spectaculaires, souvent montrés en exemple.
Chiens savants et fantasmes. Quand on monte en épingle les résultats, parfois stupéfiants, de l’enseignement oraliste (ou codé en LPC qu’il ne faut pas négliger), il serait bon d’évaluer la qualité de communication des sourds oralisés en termes de contenu du discours, et de la comparer à celle d’entendants du même âge : le décalage est évident dans 99,9% des cas. Lors d’une réunion de synthèse, la mère d’un jeune enfant sourd a conclu par ces mots: “Je voudrais que mon fils parle !” Elle ne pensait qu’à l’articulation ! ... L’objectif de l’enseignement aux sourds reste trop souvent la seule qualité de l’articulation. Au mieux, le seul critère de réussite scolaire des enfants sourds est le français (les maths chez les entendants). L’école n’a-t-elle pas pour mission la connaissance, l’ouverture sur le monde extérieur qui est le vecteur essentiel du désir de communication ?
Le bilinguisme existe-t-il ? 95% des enfants sourds naissent de parents entendants, la langue des signes n’est alors pas leur langue maternelle ; “langue naturelle” correspond mieux à la situation décrite. Le bilinguisme pose en préalable l’appropriation de la langue des signes comme véhicule de la pensée.
Dans ce cas, le français est appris comme deuxième langue (au même titre que l’allemand ou l’anglais), à la seule différence, mais elle est de taille, qu’il s’agit de la langue majoritaire du pays qu’habitent les jeunes sourds français.

Les sourds sont des faux illétrés Il faut alors que les linguistes se penchent sur le fonctionnement lexical et syntaxique de la LSF, afin d’évaluer les problèmes de lecture et d’écriture en fonction de la langue naturelle du sourd. Les sourds ne souffrent pas d’un illétrisme à proprement parler, le français n’étant pas leur langue naturelle dans la grande majorité des cas des sourds de naissance, elle n’est leur langue maternelle qu’au sens étymologique.
Une recherche approfondie sur les difficultés de sourds de naissance face à la lecture et à l’écriture doit être menée, en tenant compte des profils des sourds, selon leur formation initiale. Les sourds réfutent justement l’emploi du terme “illettrisme” les concernant. Il n’y a jamais eu de recherche contrastive menée sur le concept de la langue orale et la langue visuelle. Il y a confusion entre le français et la LSF d’une part et l’écrit-oral / écrit-signé d’autre part puisque la LSF n’a pas encore de forme écrite. Donc, à ce niveau, les sourds sont nécessairement des illétrés en LSF, tout comme les entendants même s’ils savent bien signer.

Le Discours de la Méthode. La LSF peut apporter un bagage conceptuel et une ouverture sur la société extérieure pour les sourds de naissance, mais :
- Peut-on nier les réussites de la “méthode oraliste” ? Certes, non, mais elle exige de gros efforts et laisse beaucoup de sourds sur le bord de la route.
- Peut-on prétendre que la “méthode gestuelle”, comme la nomment les détracteurs, résoud tous les problèmes ? Non, bien sûr, elle implique autant d’investissement des parents, et leur procure autant de satisfactions, mais d’un autre ordre.

Il est évident que des parents motivés, des enfants volontaires et équilibrés, des professionnels correctement formés, obtiendront de bons résultats, qu’il s’agisse d’oral, de LSF, de LPC ou de Verbo-tonale, pour citer les langues, modes de communication ou encodages les plus répandus.
Par ailleurs, il n’est pas certain que la LSF puisse être un outil plus efficace pour l’apprentissage du français écrit.

Leçon de mots. La leçon A consiste à répérer et à entourer dans un texte tous les A qui contiennent les mots. Les sourds réussissent.
Puis vient l’exercice où il faut entourer tous les mots où on entend le phonème /a/, et là commencent les difficultés, sauf pour les malentendants.

Des livres multimédias ? Il semble important de proposer des outils originaux aux intervenants multiples que rencontre l’enfant sourd dès avant sa scolarisation, puis dans le cadre scolaire : tout d’abord ses parents, puis le corps médical, les orthophonistes, les enseignants, les éducateurs.
Le livre “ Fruits-légumes”, par exemple, se prétend multimédia parce qu’il propose pour chaque entrée :
le signifié, sous forme d’illustration,
le signe de la LSF,
la transcription phonétique, pour que l’enfant sourd repère quand le A écrit se prononce /a/,
enfin une phrase pour mettre le mot en contexte, et pouvoir l’appréhender dans une phrase en LSF, à l’écrit et / ou à l’oral.
Il faudrait développer d’autres projets importants de réponse à l’illétrisme, l’interactivité ouvre des perspectives intéressantes et des activités individualisées où l’enfant va à son rythme.
Mais l’objet “livre” doit aussi garder sa valeur et ne plus rebuter les sourds de tous âges.

Monica COMPANYS




© Editions Monica Companys